La plus grande partie du territoire régional est comprise dans ce que lon appelle le plateau appalachien, dont laltitude varie de 300 à 1000 mètres. Ce facteur daltitude limite lagriculture, favorisée uniquement dans les vallées, mais avantage lexploitation forestière et les industries requérant lénergie hydraulique. La région est dailleurs généreusement pourvue de lacs et de rivières, atout majeur de peuplement, puis de développement. Trois axes principaux la jalonnent, coulant du nord et se déversant dans le fleuve Saint-Laurent, la rivière Chaudière, la rivière Etchemin et la rivière Bécancour, alors que plus au sud, les eaux drainées par la rivière Saint-Jean coulent en direction de lAtlantique. Cest dailleurs sur cette ligne de partage des eaux quest officiellement fixée la frontière Québec-Maine en 1842.
La rivière Chaudière, longue de quelque 200 kilomètres, draine près de 5 000 km2 de terres, depuis sa source à la décharge du lac Mégantic jusquà son embouchure au sud-est de la ville de Québec. Alimentée par une vingtaine de lacs et de rivières, sa largeur varie de 1 à 200 mètres et sa dénivellation est denviron 400 mètres. LEtchemin, quant à elle, trouve sa source dans le lac Etchemin, à environ 380 mètres daltitude. Longue de 125 kilomètres, elle draine une superficie de 1 500 km2, et irrigue plusieurs paroisses, depuis les hauteurs de Bellechasse jusquà Sainte-Claire et même au-delà. La Bécancour, enfin, draine les secteurs de Mégantic, Thetford, Broughton et Leeds en traversant quelque 125 kilomètres entre le lac Mégantic et le fleuve Saint-Laurent. Du fait du relief particulier de la région, ces rivières coulent plus vite dans les hauteurs que dans les basses terres, occasionnant fréquemment des débordements marquant lhistoire régionale.
Comme dans le reste du Québec méridional, le climat de la région de Beauce-Etchemin-Amiante est de type continental tempéré, avec des étés chauds et des hivers froids et neigeux. La durée de la saison végétative est de 170 jours au lac Mégantic, de 180 jours à Thetford Mines et de 160 à 170 jours au lac Etchemin. Quant aux sols, ils se sont soit formés sur un substrat de roches sédimentaires - doù leur texture argilo-limoneuse - soit de roches métamorphiques, comme dans le secteur de Thetford Mines où ils prennent une teinte plus brunâtre. En outre, ils sont souvent recouverts de till (mélange de sable, de limon et dargile, parsemé de pierres et de cailloux) laissé par les glaciers, ainsi que de traînées deskers et de moraine (sable, gravier), utiles pour lindustrie de la construction, mais impropres aux activités agricoles.
Enfin, si les hauteurs regorgent de lacs, vestiges du dernier âge glaciaire, les basses terres, quant à elles, sont parsemées de tourbières et de dépôts de terre noire, qui deviennent de véritables bourbiers selon les précipitations. Quant aux meilleurs sols, ils se sont essentiellement formés sur les alluvions des fonds de vallée et sur les versants des rivières.
Dans le secteur sud, près de la frontière avec le Maine, la forêt couvre 91 % du territoire, les terres agricoles, 9 %. Cest le domaine du bouleau jaune, de lérable et du sapin, ce dernier étant particulièrement dense à lombre des monts Mégantic et Gosford. Plus au nord, en direction de Thetford Mines et de Black Lake, la forêt noccupe plus que 74 % du territoire, contre 24 % pour lagriculture, le reste allant aux activités minières et aux agglomérations. Elle est colonisée, surtout dans les sites bien drainés, par des érablières à bouleau jaune. Ailleurs, dans les endroits humides, poussent les sapinières à thuya, des épinettes rouges, les cédrières tourbeuses et aussi le frêne noir. De 2 % à 3 % de ce secteur est consacré aux espaces urbains et industriels.
Enfin, plus au nord, en direction de Sainte-Marie, la forêt noccupe plus que 63 % du territoire, alors que 34 % lest par lagriculture et 3 % par les implantations urbaines et industrielles. Dans lEtchemin, cependant, elle couvre encore près de 88 % du secteur, 12 % létant par lagriculture et moins de 1 % par les autres types doccupation. Comme ailleurs, les résineux occupent les zones humides (sapinières à thuya, épinettes rouges, frêne noir) et les érablières à bouleau jaune, les secteurs bien drainés, où lon trouve également du hêtre.
Quelques références bibliographiques
(voir la bibliographie complète pour de plus amples informations)LAFLAMME, Gérard, Michel ROMPRÉ, Dominique CARRIER et Luc OUELLET, (1989), Étude pédologique du comté de Mégantic, Québec, Service des sols, 160 p.
LAPLANTE, Léonard (1963), Étude pédologique du Comté de Lévis, Québec, Disivion des sols, 86 p.
OUELLET, Luc, Michel Rompré, Dominique Carrier et Gérard Laflamme (1995), Étude pédologique du comté de Beauce, Québec, ministère de lAgriculture, des Pêcheries et de lAlimentation du Québec, 92 p.
PAGEAU, Ernest (1975), Étude pédologique du comté de Dorchester, Québec, Division des sols, 94 p.