Au Québec comme en Beauce-Etchemin-Amiante, la paroisse religieuse est omniprésente sur le territoire. La paroisse peut être considérée comme l’endroit privilégié où se tissent et se vivent les relations entre les individus. L'importance de la paroisse comme lieu de rassemblement de la société canadienne-française sous le régime britannique ne fait aucun doute. À la suite des Rébellions de 1837-38, l’Église catholique reprend une certaine crédibilité auprès des autorités gouvernantes imputable au fait qu’elle dénonce vigoureusement les gestes posés par les « rebelles ». À partir de cette période, la position de l’Église se solidifie dans les champs d'activités que sont la santé et l'éducation. Le réseau des paroisses religieuses constitue un bon moyen pour la diffusion de l’idéologie chrétienne parmi les paroissiens par l'entremise des curés.

Par ailleurs, au moment de la Conquête, la région de Beauce-Etchemin-Amiante constitue un territoire à peine ouvert à la colonisation. Aucune paroisse du territoire ne fait partie de l'arrêt du Conseil d'État du roi décrété en 1722 autorisant la création de 82 districts paroissiaux correspondant aux vieilles paroisses riveraines de la vallée du Saint-Laurent. Toutefois, grâce à un contexte favorable et aux démarches des évêques, 1824 marque la reprise de la création de nouvelles paroisses catholiques. Avec la marche du peuplement, le mouvement prend de l'ampleur dans la seconde moitié du XIXe siècle, particulièrement à partir de 1870, jusqu'à la moitié du XXe siècle pour donner le paysage des paroisses d’aujourd’hui. De 1926 à 1950, la fin du mouvement s'annonce puisque huit paroisses seulement sont fondées durant cette période. Une seule nouvelle paroisse sera érigée après cette date soit Tring-Jonction en 1962. En outre, l’engagement de jeunes gens, essentiellement des fils de cultivateurs, à choisir la prêtrise en grand nombre représente un élément essentiel au bon fonctionnement du réseau des paroisses. Depuis les trente dernières années, les entrées en prêtrise se font de moins en moins nombreuses et il est rare d’assister de nos jours, à l’érection d’une nouvelle paroisse.

Quelques références bibliographiques
(voir la bibliographie complète pour de plus amples informations)

COURVILLE, Serge et Normand Séguin (dir.)(2001), La paroisse, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, Coll. Atlas historique du Québec,. 296 p.

VOISINE, Nive (dir.) (1984), Histoire du catholicisme québécois. Les XVIIIe et XIXe siècles, Montréal, Boréal Express, 3 t. en v.