Le réseau sétend peu à peu, au gré des circonstances. La première caisse de la région fait son apparition à Saint-Isidore-de-Dorchester le 27 décembre 1907. Le mouvement démarre véritablement en 1909 avec la mise sur pied des caisses de Saint-Victor-de-Tring, de Black-Lake, de Thetford-Mines, de lEnfant-Jésus et de Saint-Ephrem-de-Tring.
Deux temps forts marquent la pénétration des caisses dans la région. Le premier survient à lépoque dAlphonse Desjardins et dure de 1907 à 1920; le second se manifeste au cours des années 1935 à 1950, qui constituent dailleurs la grande période dexpansion du mouvement coopératif au Québec. Entre ces époques sinsèrent deux périodes de crise, soit le début des années 1920 et toute la décennie de 1930, qui ralentissent considérablement la progression du réseau, jusquaux années 1940, moment où le réseau des caisses populaires atteint son expansion maximale.
Après 1950, les caisses populaires continuent de senraciner dans les collectivités locales, comme lindique laugmentation du nombre de leurs membres, qui passe de 45 194 en 1950 à 128 125 en 1970. Grâce à cet accroissement du sociétariat, et aussi à laugmentation des revenus et de la capacité dépargne de la population, lactif des caisses fait un bond important, passant de 19,5 à 121,4 millions $. Lactif moyen, qui était de 225 000 $ en 1950, sélève ainsi à 1,3 million $ en 1970. Cest-à-dire que les caisses sont maintenant en mesure de jouer un rôle déterminant dans la vie économique des communautés locales, auxquelles elles procurent une autonomie financière sans cesse grandissante.
De 1970 à 2000, lévolution des caisses populaires est marquée par la croissance financière, lutilisation des nouvelles technologies, la diversification des services et un engagement de plus en plus visible au sein du milieu. Solidement ancrées dans toute la région Beauce-Etchemin-Amiante, elles ont la faveur dune grande partie de la population qui leur confient leurs épargnes et sadressent à elles pour leurs besoins financiers.
Au tournant de lan 2000, le phénomène nouveau des fusions de caisses populaires vient modifier sensiblement la configuration du réseau régional. Plusieurs caisses font le choix de se regrouper entre elles, dans le but de réduire les frais dexploitation et daméliorer leur offre de services. Cette stratégie est soutenue par la direction du Mouvement Desjardins qui souhaite voir passer le nombre de caisses de 1 143 quil était en 1999 à 600 en 2002.
Le réseau régional, qui englobait 85 caisses à la fin de 1997, nen compte plus que 64 à la fin de lan 2000. Et la tendance se poursuit, de telle sorte que le réseau devrait se limiter à une quarantaine de caisses en 2002. Ce nest pas sans regrets que les collectivités locales renoncent à la présence dune institution aussi bien enracinée dans leur milieu. Dans la plupart des endroits, cependant, un point de service prend le relais de la caisse, offrant aux citoyens de la localité un accès aux services financiers de base.
Quelques références bibliographiques
(voir la bibliographie complète pour de plus amples informations)LEBOSSÉ, Joël (1996), « Lexpérience réussie dun banquier développeur : La Caisse populaire de La Guadeloupe (Beauce) », Économie et solidarités, vol. 28, no 1, p. 133-147.
POULIN, Pierre (1990), Histoire du Mouvement Desjardins, tome I : Desjardins et la naissance des caisses populaires, 1900-1920, Montréal, Québec/Amérique, 373 p.
POULIN, Pierre (1994) Histoire du Mouvement Desjardins, tome 2 : La percée des caisses populaires, 1920-1944, Montréal, Québec/Amérique, 449 p.
POULIN, Pierre (1998) Histoire du Mouvement Desjardins, tome 3 : De la caisse locale au complexe financier, Montréal, Québec/Amérique, 480 p.
TURCOTTE, Renald (s.d.), 75 ans de présence sociale dans notre milieu. La Caisse populaire de Thetford Mines, 1909-1984, s.l., Imprimerie Roy et Laliberté.