Saguenay—Lac-Saint-Jean > Saguenay - Lac-Saint-Jean (général) [ - 2003]

Un lac, un fjord

Le lac Saint-Jean et le fjord du Saguenay sont des composantes hydrographiques importantes qui contribuent à l’identité du Saguenay—Lac-Saint-Jean et qui font partie de son patrimoine naturel et touristique.

Rares sont les régions qui s’expliquent aussi facilement par leurs composantes hydrographiques que celle du Saguenay—Lac-Saint-Jean . Le titre de l’article s’intitule " Un lac, un fjord ". Ces deux composantes distinctes, mais complémentaires voient tout l’espace régional graviter autour d’elles. Tel que cité dans le portrait de la région effectué par l’Université du Québec à Chicoutimi, " un lac, un fjord, une plaine ceinturée d’un massif montagneux, un climat tempéré, voilà ce qui forme les assisses sur lesquelles les activités des hommes sont pratiquées ; une sorte d’oasis tempérée en milieu nordique ".

Le bassin hydrographique su Saguenay est le deuxième plus important bassin du fleuve Saint-Laurent, après celui de la rivière Outaouais, et le quatrième au Québec. Il couvre 85 000 kilomètres carrés et se situe entre 48 et 53 degrés de latitude nord et 70 et 75 degrés de longitude ouest.

Cet immense bassin est articulé autour du lac Saint-Jean, vaste dépression où se jettent les eaux de 90 % de la surface totale du bassin, et qui trouve son exutoire naturel dans la rivière Saguenay, qui elle s’écoule vers le fleuve Saint-Laurent sur une longueur approximative de 160 kilomètres. Le lac Saint-Jean est une étendue d’eau douce d’une profondeur moyenne de 11 mètres seulement, mais qui peut atteindre plus de 60 mètres à certains endroits. Formant une cuvette relativement circulaire d’environ 225 kilomètres de circonférence et d’une superficie dépassant les 1 000 kilomètres carrés, le lac Saint-Jean est le cinquième plus grand lac du territoire québécois, le premier étant le lac Mistassini, deux fois plus grand que le lac Saint-Jean.

Plusieurs longues rivières alimentent ce lac, particulièrement au nord et au nord-ouest, la Péribonka (480 km), la Mistassini et l’Ashuapmushuan (320 km chacune). Les deux premières possèdent à leur embouchure des pointes de terre ou deltas provenant de l’accumulation des alluvions transportées par ces rivières à fort débit. Le lac Saint-Jean doit son nom au père Jean Dequen qui l’aurait découvert en 1642. On nomme souvent le lac de son toponyme amérindien Piekowagami ou Piékouagami signifiant lac plat. Il demeure habituellement de navigation facile, mais peut devenir redoutable par les vents changeants. Lorsque au printemps, il se libère de ses glaces, la température régionale commencerait à se réchauffer. Depuis les premières observations en 1916, ce phénomène s ‘est produit entre le 14 avril et le 22 mai. C’est par deux décharges, la Grande et la Petite situées de part et d’autre de l’île d’Alma que le lac Saint-Jean se vide dans la rivière Saguenay. À cet endroit, la dénivellation est importante avec près de 100 mètres sur une distance de 9 kilomètres. Cette dénivellation a été un atout majeur dans les plans d’aménagement hydroélectrique du début du vingtième siècle, avec les centrales d’Isle-Maligne, Chute-à-Caron et Shipshaw.

Puis en aval de ces barrages, la rivière Saguenay devient pré-fjord, dans l’espace occupé aujourd’hui par la conurbation de Saguenay (anciennes villes de Jonquière, Chicoutimi et La Baie). Enfin, sur une longueur de près de 110 kilomètres, le Saguenay devient un des éléments rares en Amérique du Nord, et d’une beauté impressionnante, qu’on surnomme un fjord. Comparable à ceux de Norvège ou d’Alaska, un fjord est une vallée glaciaire en forme de U ou en auge, caractérisée par ses marées, sa salinité et la stratification de ses eaux en deux niveaux distincts. D’abord sa forme. Créé par le passage du grand glacier du Quaternaire, le fjord du Saguenay se distingue par sa profondeur pouvant atteindre 275 mètres et les parois abruptes qui l’enserrent de chaque côté, donnant des paysages à couper le souffle. Puis, ses spécificités. Les marées se font encore sentir à l’intérieur des terres, pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres dans la Baie des Ha! Ha!. Étant un bras de mer, les fortes marées sont dues à l’étroitesse et la profondeur du fjord. La salinité est aussi présente, surtout en profondeur et le taux de salinité varie entre 25 et 31 parties par 1000. Enfin, on peut distinguer deux niveaux d’eau dans le fjord : une supérieure, ou l’eau de surface, et une inférieure ou eau profonde. L’eau de surface est davantage chaude et douce, car elle provient du bassin du Saguenay—Lac-Saint-Jean. L’eau plus profonde, représentant 93 % de la masse d’eau du fjord, est beaucoup plus froide et plus salée. C’est dans cette partie du fjord, caractéristique du milieu arctique, qu’on y retrouve une flore et une faune particulières, comme les mammifères marins observables à l’embouchure du Saguenay à Tadoussac.


Étienne Troestler
Cégep de Jonquière
13 novembre 2002

Références :

http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/DPortrait.htm
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b1/b1_9.jpg
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b1/D9.htm
http://parkscanada.pch.gc.ca/parks/quebec/saguenay_st-laurent/saguenay_st-laurent_f.htm
http://205.205.237.4/envir/rnat/b20.htm



 

 

Encyclobec a bénéficié de l'aide financière du Fonds de l'autoroute de l'information
Ministère de la Culture et des Communications

© 2003 Encyclobec