Fortin, Jean-Charles
Selon les archéologues, la présence amérindienne sur le territoire du Québec actuel remonte à environ 11 000 années. Pour le nord et l’est du Québec, la région à laquelle appartient le Bas-Saint-Laurent, la préhistoire amérindienne peut être divisée en trois grandes périodes archéologiques. On fait d’abord mention de l’époque paléoindienne, qui s’étend jusqu’à 7 000 ans avant aujourd’hui, puis de la période archaïque, de 7 000 à 2 000 ans, enfin du sylvicole, de 2 000 à 500 ans avant aujourd’hui. Ce découpage temporel a été établi par les archéologues pour mettre en relief des changements culturels survenus dans l’évolution des populations amérindiennes. Nous pouvons, grâce à des découvertes récentes, retracer la présence au Bas-Saint-Laurent de groupes amérindiens au cours de ces trois grandes périodes.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 1600]

Fortin, Jean-Charles
La structure du réseau hydrographique a façonné le mouvement d’occupation de nombreuses régions du Québec.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 2003]

Fortin, Jean-Charles
C’est au XIXe siècle, surtout à compter de 1840, que le Québec voit apparaître une première forme de tourisme, celui de villégiature.
Bas-Saint-Laurent > Cacouna [1800 - 1900]

Fortin, Jean-Charles
Le 15 novembre 1937, le poste de radio CJBR de Rimouski entre en ondes. C’est le financier rimouskois Jules-A. Brillant qui avait obtenu un des huit permis de diffusion accordés par Radio-Canada à des stations affiliées à son réseau français au Québec. Ces postes s’ajoutaient aux trois stations possédées par la société d’État au Québec, Chicoutimi, Québec et Montréal, siège de la station mère CBF. Quand, en novembre 2002, la radio de CJBR fête son 65[e] anniversaire, les artisans du nouveau média peuvent se remémorer le temps où CJBR constituait une véritable fenêtre sur le monde.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1937 - 2002]

Fortin, Jean-Charles
Au milieu du XIX[e] siècle, le gouvernement de l’Union tente à plusieurs reprises de mettre sur pied une administration locale dans chacune des paroisses et des cantons habités du Bas-Canada. Les communautés locales ne sont guère réceptives à ce nouveau palier de gouvernement qui devra se financer grâce aux taxes prélevées dans les municipalités auprès des contribuables. Le curé de la paroisse de Saint-Germain-de-Rimouski, désespéré de ne pouvoir continuer le chantier de la nouvelle église de sa paroisse, va trouver moyen de faire financer par l’État son coûteux projet en détournant les subventions prévues pour la mise en place du nouveau pallier administratif.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1850 - ]

Fortin, Jean-Charles
L’estuaire du Saint-Laurent, une des plus importantes voies maritimes au monde depuis le début du XIXe siècle, constitue une route dangereuse, surtout au temps de la navigation à voiles.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Au XXe siècle, le développement économique de la Côte-Nord a nécessité l’établissement d’un service de traversiers pour relier cette région au Bas-Saint-Laurent.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1920 - 2002]

Fortin, Jean-Charles
Les premiers établissements d’une population sédentaire au Bas-Saint-Laurent se font dans le cadre seigneurial. Le fonctionnement du système consiste à confier à des entrepreneurs (les seigneurs) une portion de terre pour y établir des habitants (les censitaires). Chaque partie est soumise à des droits et devoirs réciproques dont l’État se réserve la surveillance. Plus de 220 seigneuries sont concédées, sous le Régime français, le long du Saint-Laurent et de ses principaux affluents, dont 19 dans la région. Le système va perdurer même après la Conquête, en parallèle avec le modèle britannique du « franc et commun soccage », qui permet le plein usage de son lot. En 1854, plus de deux siècles après l’attribution des premières seigneuries, le système est officiellement aboli et les droits des seigneurs rachetés par l’État.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1600 - 1900]

Fortin, Jean-Charles
Pendant toute la période historique, celle qui suit les voyages de Jacques Cartier, le Bas-Saint-Laurent constitue une zone d’exploitation et de passage pour les nations amérindiennes qui habitent l’est du Canada. Au XVI[e] siècle, le bas estuaire du Saint-Laurent constitue une zone de contact entre les nations algonquiennes, celles des Montagnais, des Micmacs et des Malécites et les bandes iroquoiennes de Mohawks, Hurons ou Iroquois. Au début de l’été, les groupes iroquoiens entament une longue période d’excursions vers le golfe du Saint-Laurent. Ils se rendent même à Percé et jusqu’à Miscou, bien loin de leurs villages concentrés entre l’île aux Coudres et Portneuf. Quand Champlain pénètre à nouveau dans l’estuaire, au XVII[e] siècle, cette présence iroquoienne est déjà chose du passé.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1500 - 1800]

Fortin, Jean-Charles
Des années 1880 à 1940, les agriculteurs des terrasses littorales partent à l’assaut des plateaux et des vallées des Appalaches.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1880 - 1940]

Fortin, Jean-Charles
Le Québec est frappé de plein fouet par la Grande Dépression. L’industrie de la construction est particulièrement touchée et, de 1930 à 1933, la valeur brute de la production de bois de sciage se voit réduite de plus de 80 %. Comme le Bas-Saint-Laurent produit le tiers du bois d’œuvre québécois, les répercussions sont immédiates et dramatiques et des milliers de journaliers de scieries et de bûcherons n’ont plus aucun moyen de subvenir aux besoins des leurs. Pour tenter de secourir toutes ces familles à l’horizon bouché, les gouvernements du Québec et d’Ottawa, en collaboration avec le clergé du diocèse de Rimouski, vont mettre en œuvre une politique de retour à la terre et d’ouverture de nouveaux territoires aptes à la colonisation agricole.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1930 - ]

Fortin, Jean-Charles
Jusqu’aux années 1920, une large part du commerce en bas de Québec est effectuée par la voie fluviale au moyen de goélettes en bois à voiles, puis à moteur. Ces petits navires côtiers sont construits tout au long du fleuve et sur une partie de l’estuaire du Saint-Laurent dans des chantiers maritimes improvisés et avec du bois provenant des forêts locales. L’extension des réseaux ferroviaire et routier et la construction de quais, qui permettent l’accostage de navires à coque d’acier d’un tonnage croissant, provoquent le graduel abandon de la petite navigation et la fermeture des petits chantiers navals. Aujourd’hui, seul l’important chantier des Méchins perpétue le souvenir de la construction navale au Bas-Saint-Laurent.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1760 - 1940]

Fortin, Jean-Charles
Avant les années 1850, les citoyens du Québec n’ont guère l’occasion d’exprimer leurs doléances auprès de leurs dirigeants. Les premières décennies de vie parlementaire, depuis 1792, se déroulent en vase clos et presque dans l’indifférence générale, surtout hors de villes de Québec et Montréal. C’est l’absence d’une instance de base qui est responsable de ce peu d’intérêt des citoyens. Il n’existe, si l’on excepte les conseils de fabrique chargés de l’administration des paroisses catholiques, aucun corps d’élus locaux pouvant représenter les intérêts de leurs commettants. La mise en place des administrations municipales, un nouveau palier de gouvernement, représente sûrement le principal acquis démocratique du XIX[e] siècle au Bas-Saint-Laurent.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1850 - ]

Fortin, Jean-Charles
La spécialisation bas-laurentienne dans la production du bois d’œuvre et l’épuisement des forêts régionales représentent au milieu du XX[e] siècle est le plus grand défi auquel la région aura à faire face depuis son ouverture.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1960 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
La faune bas-laurentienne, comme celle du Québec dans son ensemble, est relativement pauvre en espèces.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 2003]

Fortin, Jean-Charles
C’est la loi qui crée les écoles de syndics, en 1829, qui constitue le coup de départ de l’enseignement public au Bas-Saint-Laurent. Depuis cette date jusqu’à l’ouverture de l’école normale des Ursulines à Rimouski, en 1906, instituteurs et institutrices ne bénéficient guère d’une formation professionnelle. Le métier n’attire que peu de volontaires, tant les conditions de travail et la modeste rémunération, aléatoire et saisonnière, rebute les éventuelles recrues. L’État voulait mettre sur pied un réseau scolaire efficace et universel, mais il ne disposait pas des moyens suffisants pour aider les pauvres communautés locales réfractaires à la taxation locale. C’est l’incompétence de ce premier corps enseignant qui demeure le principal frein aux progrès de l’éducation dans la région avant 1900.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1829 - 1900]

Fortin, Jean-Charles
Pendant les deux premiers tiers du XX[e] siècle, la formation des maîtres au Bas-Saint-Laurent est laissée à la charge des congrégations religieuses. Les scolasticats et les juvénats des communautés de femmes et d’hommes qui se consacrent à l’éducation y forment leurs futurs membres et leurs écoles normales fournissent les enseignantes laïques brevetées pour les écoles primaires. À la suite des réformes de l’éducation au cours des années 1960, la formation des maîtres est soustraite aux institutions religieuses et confiée aux universités. Dans la région, c’est le Centre d’études universitaires de Rimouski, créé en 1969 et devenu l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) en 1973, qui assure désormais cette responsabilité essentielle du système public d’éducation.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1900 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Pour un grand nombre de Bas-Laurentiens et de Gaspésiens, la position actuelle de Rimouski dans la hiérarchie des agglomérations québécoises tient d’une décision gouvernementale, prise dans les années 1960, dans un premier effort de régionalisation. Or, à cette date, la position dominante de Rimouski sur la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent, à l’est de Lévis, est déjà un fait acquis. À la veille de la Révolution tranquille, cette place incontestée de la métropole bas-laurentienne est le fruit d’un long processus qui lui a permis de se démarquer des petites villes concurrentes de la Côte-du-Sud, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie au cours de la première moitié du XX[e] siècle.
Bas-Saint-Laurent > Rimouski [1900 - 1960]

Fortin, Jean-Charles
Au Québec, l’histoire du mouvement coopératif est une histoire du XX[e] siècle. La plus importante organisation coopérative encore existante aujourd’hui, le Mouvement Desjardins, est née avec le siècle, et de nombreux essais d’application de la formule coopérative se sont ajoutés au fil des décennies dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, de l’assurance mutuelle. Dans bien des secteurs de la vie sociale et économique du Québec, la coopération appartient désormais au passé. Ainsi, dans le domaine de la consommation, il n’existe plus que de rares témoins de l’importance des coopératives de consommateurs, des « magasins CO-OP » du milieu du siècle. Cooprix de Rimouski est de ceux-là.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1939 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Au cours des dernières décennies du XIX[e] siècle, la forte croissance des populations ouvrières dans les villes manufacturières de l’est de l’Amérique du Nord provoque une soudaine demande pour les produits alimentaires de base, comme la pomme de terre.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1880 - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Jusqu’aux années 1850, les rares journaux publiés au Québec ne s’adressent pas à un large public. Les francophones sont encore majoritairement analphabètes, et le coût de l’abonnement restreint la diffusion aux gens plus aisés que leurs compatriotes. De 1850 à 1880, l’alphabétisation fait des progrès spectaculaires et, avant la fin du siècle, plusieurs journaux à grand tirage viennent combler le besoin d’information d’une population de plus en plus avide de connaissance. Bientôt, les communautés rurales sentent le besoin de fonder leur propre journal. L’hebdomadaire local et régional, déjà bien présent dans la vallée du Saint-Laurent au tournant du XX[e] siècle, connaît une forte croissance avant 1940.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1867 - 1940]

Fortin, Jean-Charles
À compter de 1940, la presse périodique régionale aborde une période de forte expansion qui va se poursuivre jusqu’aux années 1990. Contrairement à ce que l’on aurait pu s’attendre, la radio, puis l’omniprésente télévision, ne réussiront pas à remettre en cause la pertinence de la presse écrite. Avec le développement de la société de consommation et la multiplication des services publics et privés, le journal local ou régional devient un véhicule publicitaire incontournable. Il répond en plus à un besoin d’information qui n’est pas comblé par les autres médias. Mais c’est l’instauration d’une politique généralisée de distribution gratuite, dans les années 1970, qui va permettre à la presse périodique régionale de pénétrer dans tous les foyers bas-laurentiens.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1940 - 2003]

Fortin, Jean-Charles
Au Bas-Saint-Laurent, à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, l’industrie du sciage compte parmi les plus importantes activités économiques de la région.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1895 - 1964]

Fortin, Jean-Charles
L’année 1791 marque le début du système parlementaire dans la région en même temps que dans les provinces actuelles du Québec et de l’Ontario. L’Acte constitutionnel prévoit la séparation de la colonie en deux provinces, le Haut et le Bas-Canada (Québec). Cette dernière est divisée en 27 circonscriptions électorales dont la plupart élisent deux députés, pour un total de 50 à la Chambre d’assemblée. Le Bas-Saint-Laurent est entièrement inclus dans le comté de Cornwallis qui comprend aussi le Kamouraska. Les frontières du comté de Rimouski, créé en 1829, correspondent exactement à notre Bas-Saint-Laurent historique actuel; divisé en deux pour donner naissance à celui de Témiscouata, en 1853, il fournit déjà la carte électorale de la Confédération de 1867.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1791 - 1867]

Fortin, Jean-Charles
Depuis les débuts de l’occupation européenne, le fleuve Saint-Laurent représente la voie d’accès et le débouché de l’Amérique du Nord septentrionale. C’est par là que les colonies françaises, puis britanniques, après la Conquête, exportent les fourrures, les produits agricoles et forestiers, et reçoivent les immigrants et les produits manufacturiers et tropicaux. Mais cette voie d’eau est dangereuse, avec la présence des glaces, les sautes de vent et les fréquents brouillards, les hauts-fonds et les récifs. Les autorités coloniales françaises, puis britanniques, ont vite reconnu la nécessité de pilotes bien au courant des pièges du fleuve pour guider les navires vers Québec. Pendant un siècle, de 1859 à 1959, Pointe-au-Père constitue la nécessaire porte d’entrée du Saint-Laurent.
Bas-Saint-Laurent > Pointe-au-Père [1859 - 1959]

Fortin, Jean-Charles
Le paysage qui s’offre à nos yeux et à celui de nos contemporains est le résultat des lentes transformations qui affectent l’écorce terrestre. C’est au cours d’une évolution vieille de plusieurs centaines d’années que l’assiette rocheuse de la vallée du Saint-Laurent prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 2003]

Fortin, Jean-Charles
Depuis les débuts de son peuplement, sous le Régime français, jusqu’à l’épidémie d’influenza de 1918, le Bas-Saint-Laurent est régulièrement frappé par des épidémies mortelles. Les maladies du jeune âge persistent sur une base endémique et ressurgissent de façon régulière au rythme des saisons. L’éloignement des centres plus peuplés de la vallée du Saint-Laurent constitue parfois une efficace barrière contre la propagation des maladies contagieuses, mais cet avantage disparaît avec l’amélioration des moyens de communication qui permettent au choléra, au typhus et à la tuberculose de se répandre. Les années 1920 constituent une charnière dans l’histoire de la mortalité régionale qui amorce une chute régulière avec le recul de la mortalité infantile et la disparition des épidémies fatales aux adultes.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1830 - 1918]

Fortin, Jean-Charles
La plus grande partie du territoire du Bas-Saint-Laurent est formée par le plateau des Appalaches et est traversée par les importantes vallées de la Matapédia et du Témiscouata.
Bas-Saint-Laurent > La zone du plateau [ - ]

Fortin, Jean-Charles
Les deux rives du Saint-Laurent en bas de Québec vont connaître, aux XIX[e] et XX[e] siècles, les retombées d’une forme de tourisme déjà populaire dans les classes aisées des deux côtés de l’Atlantique, le tourisme de villégiature estival.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Tout comme dans les autres régions du monde, la vie dans le Bas-Saint-Laurent est conditionnée par trois principaux facteurs appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler le complexe biophysique : le climat, les sols et le couvert végétal. Ces trois éléments agissent en conjonction les uns avec les autres pour créer un habitat aux conditions tantôt favorables tantôt hostiles à l’occupation humaine.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1900 - 2003]

Fortin, Jean-Charles
Avant 1870, la majeure partie du développement agricole au Bas-Saint-Laurent se produit sur les terrasses littorales qui jouxtent le fleuve, de Notre-Dame-du-Portage jusqu’à Sainte-Félicité, à l’est de Matane.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1680 - 1870]

Fortin, Jean-Charles
La réserve malécite de Viger, dans le Bas-Saint-Laurent, constitue une des premières concessions foncières faites aux Amérindiens du Québec.
Bas-Saint-Laurent > Rivière-du-Loup [1827 - ]

Fortin, Jean-Charles
Le 29 mai 1914, les paisibles localités bas-laurentiennes de Pointe-au-Père, Sainte-Luce et Rimouski se retrouvent à la une des grands quotidiens du monde. Dans la nuit, un des paquebots rapides du Canadien Pacifique a sombré au large de leurs côtes à la suite d’une collision avec un autre navire.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1914 - 1914]

Fortin, Jean-Charles
L’industrie forestière du Québec naît véritablement dans les années 1800 à 1815, quand la Grande-Bretagne, privée de ses approvisionnements de bois scandinaves par le blocus napoléonien, doit se tourner vers ses colonies d’Amérique du Nord.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
La production romancière au Bas-Saint-Laurent demeure longtemps marginale et ne s’inscrit dans la littérature régionale que bien tardivement, alors que la poésie, les contes et les légendes et surtout l’histoire locale jouissent depuis déjà les années 1860 d’une bonne diffusion. Le roman attire peu les écrivains de la région. Le récit d’imagination n’est pas tellement prisé par l’Église, à moins que l’auteur n’y adopte un ton moralisateur et s’engage à faire œuvre utile. C’est la levée de cette contrainte cléricale, au cours des années 1960, qui permet la véritable naissance d’une littérature romanesque au Bas-Saint-Laurent, un genre qui attire désormais un nombre croissant d’auteurs de la région.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1900 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Depuis les années 1880 jusqu’aux années 1960, le Québec vit sa plus importante révolution culturelle par l’introduction successive des médias de masse : la presse quotidienne à grand tirage, le cinéma muet puis parlant, enfin la radio et la télévision. L’apparition du cinéma accompagne l’avènement du XX[e] siècle. Rapidement le Québec se passionne pour ce qui allait devenir le septième art. Des salles sont construites sur mesure pour le nouveau divertissement à la mode dans les principales villes et des projectionnistes ambulants parcourent petites villes et gros villages. Un siècle plus tard, la production cinématographique fait partie de la vie de tous les jours des Bas-Laurentiens.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1897 - 2003]

Fortin, Jean-Charles
D’aucuns s’étonnent de la présence du siège social de l’importante compagnie de téléphone Télus-Québec à Rimouski. Ce bref rappel de l’histoire de la téléphonie au Québec et dans le Bas-Saint-Laurent va permettre de fournir la réponse à cette apparente anormalité. Cette aventure s’inscrit dans la modernité de la fin du XIX[e] siècle, quand les brevets canadiens de l’inventeur Alexander Graham Bell prennent fin, en 1885. À partir de ce moment, n’importe quelle compagnie indépendante peut offrir le service téléphonique, même dans les endroits où la compagnie Bell est déjà présente. C’est dans cette perspective qu’il faut aborder l’aventure d’un entrepreneur local qui se lance, depuis Saint-Octave-de-Métis, à la conquête du marché jusqu’à Lévis, face à la puissante compagnie Bell.
Bas-Saint-Laurent > Saint-Octave-de-Métis [1880 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
L’activité théâtrale serait la plus ancienne manifestation de la culture savante au Canada : les colons français de Pont-Royal en Acadie montent une première pièce en 1606, pour lutter contre l’interminable hiver. C’est toutefois dans les premières décennies du XX[e] siècle que le théâtre connaît sa plus large diffusion au Bas-Saint-Laurent. Les soirées dramatiques et musicales intègrent dans leur programme plusieurs genres d’expression artistique où se mêlent le théâtre, la musique et le chant, les répertoires classique et populaire. Ces agréables soirées, qui reposent sur des amateurs enthousiastes et sur un public complice, constituent pour les habitants des petites villes et des gros villages de la région une rare occasion de rire et de s’émouvoir en groupe dans une même salle.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Après le deuxième conflit mondial, le déplacement saisonnier de la main-d’œuvre bas-laurentienne vers la Côte-Nord prend une ampleur insoupçonnée.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1940 - 1970]

Fortin, Jean-Charles
Avant la concession des premières seigneuries au Bas-Saint-Laurent, dans les années 1670, la région n’attire aucun peuplement permanent. Toutefois, des explorateurs, des marchands et des entrepreneurs sont très tôt attirés par quelques ressources naturelles du bas estuaire et de sa rive sud : la fourrure des animaux, l’huile des baleines et la morue. Ce sont les pêcheurs basques qui entreprennent cette première mise en valeur du territoire. Des années 1580 à 1640, ils fréquentent de façon plus ou moins régulière les régions de l’estuaire, chassant la baleine et troquant les fourrures avec les Amérindiens. Le monopole des compagnies françaises sur la traite des fourrures et la compétition que leur livrent les Anglais et les Hollandais les chassent graduellement de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1580 - 1670]

Fortin, Jean-Charles
L’entrée en vigueur de la Confédération, le 1[er] juillet 1867, implique l’élection de représentants régionaux à deux niveaux, le provincial et le fédéral. Au XIX[e] siècle, le champ des responsabilités dévolues à Ottawa lui donne une forte présence dans la région. Le premier gros investissement à l’échelle nationale, la construction du chemin de fer Intercolonial, s’effectue pour une large part au Bas-Saint-Laurent, et l’autre priorité fédérale, l’amélioration des communications maritimes par le Saint-Laurent, a d’importantes retombées régionales. Si l’on excepte les deux guerres mondiales toutefois, la visibilité de la présence fédérale va constamment se réduire à mesure que le gouvernement provincial élargit ses interventions dans les domaines que la constitution lui a laissés, notamment ceux des ressources naturelles, de la santé et de l’éducation.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1867 - ]

Fortin, Jean-Charles
Lors de la mise en force de la constitution de 1867, les deux paliers de gouvernement issus de la Confédération se partagent les responsabilités assumées depuis 1841 par le parlement de l’Union. Jusqu’au milieu du XX[e] siècle, le gouvernement provincial constitue un palier secondaire et le parlement de Québec est vu par plusieurs comme une succursale de celui d’Ottawa. Pendant les premières décennies de son existence, le gouvernement provincial tire la moitié de ses revenus des transferts fédéraux, mais les revenus sont faibles, ce qui l’obligent à abandonner aux congrégations religieuses une large part de ses responsabilités dans ses domaines de compétence les plus importants, l’éducation et la santé. L’implication massive de l’État québécois, après la Révolution tranquille, donne désormais à ses élus un pouvoir de loin supérieur à celui de leurs homologues du XIX[e] siècle.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1867 - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Entre 1876 et 1914, le quai de Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent, a été un maillon essentiel du réseau postal de l’empire britannique.
Bas-Saint-Laurent > Rimouski [1876 - 1914]

Fortin, Jean-Charles
Les Montagnais constituent l’un des principaux groupes amérindiens présents au Bas-Saint-Laurent au XVII[e] siècle. Ce sont les premiers Français arrivés en Nouvelle-France qui les nomment ainsi pour indiquer qu’ils vivent dans les montagnes de part et d’autre du Saint-Laurent. Leur territoire est vaste. Sur la rive nord, il s’étend de la rivière aux Outardes jusqu’à Québec et englobe le Saguenay et le Lac-Saint-Jean. Sur la rive sud, ils occupent au XVII[e] siècle un grand territoire délimité par les rivières du Loup et Matane, ce qui correspond presque au Bas-Saint-Laurent actuel. Les toponymes Tadoussac et Cacouna, deux endroits stratégiques en face l’un de l’autre, à la même hauteur sur le Saint-Laurent, perpétuent le souvenir des Montagnais, ou Porcs-Épics.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1600 - 1900]

Fortin, Jean-Charles
Le visiteur qui longe l’estuaire en territoire bas-laurentien, de Rivière-du-Loup à Cap-Chat, ne peut qu’être impressionné par la dimension croissante de ce véritable bras de mer. Les quais de Rimouski et de Matane abritent des dizaines de bateaux de pêche et l’imposant institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada, à Mont-Joli, renforce cette impression d’un riche potentiel halieutique régional. En fait, durant tout le XX[e] siècle, la pêche maritime s’est avérée une activité marginale dans l’économie bas-laurentienne. C’est sans doute d’ailleurs la présence croissante de la pêche en eau salée depuis Les Méchins et Cap-Chat qui fournit la véritable frontière économique, sociale et culturelle entre le Bas-Saint-Laurent des agriculteurs et la Gaspésie des pêcheurs. Il n'en a pas toujours été ainsi...
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 1900]

Fortin, Jean-Charles
Jusqu’aux années 1960, les soins de santé et une large part des institutions destinées à secourir les plus démunis des Québécois, les orphelins, les vieillards ou les handicapés mentaux, sont sous le contrôle des autorités religieuses. Au cours des années 1960 et 1970, les gouvernements se substituent à la charité privée. La prise en charge par l’État des soins de santé représente, à coup sûr, le plus grand acquis social de l’après-guerre, plus peut-être que les transformations survenues dans le monde de l’éducation. Comme dans tous les pays occidentaux cependant, l’explosion des coûts reliés au vieillissement de la population et à l’introduction de nouvelles technologies sophistiquées remettent en question, au début du XXI[e] siècle, l’universalité et la gratuité des soins.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1960 - ]

Fortin, Jean-Charles
Au XIX[e] siècle et durant les premières décennies du XX[e] siècle, les gouvernements ne considèrent pas qu’il leur appartient de soutenir les familles et les individus frappés par la maladie, une catastrophe naturelle ou la perte de revenus. La vie demeure une aventure semée d’embûches. Les épidémies frappent encore avec régularité jusqu’à la grippe espagnole de 1918 et la mortalité infantile est une plaie qui afflige autant les villes que les campagnes. Jusqu’aux années 1920, l’État abandonne aux communautés religieuses et aux organisations charitables l’essentiel des secours aux malades et aux personnes privées de ressources. Ces institutions n’agissent d’ailleurs qu’en dernier recours, car la majeure partie des besoins reste une responsabilité familiale.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 1960]

Fortin, Jean-Charles
Commencée il y a environ 1,6 million d’années, l’ère quaternaire est l’ère géologique la plus récente, celle dans laquelle nous vivons encore. La plus importante manifestation qu’a léguée cette période géologique sur le territoire du Bas-Saint-Laurent demeure la zone des terrasses littorales sur laquelle vit aujourd’hui environ 70 % de la population régionale.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 2003]

Fortin, Jean-Charles
Les historiens québécois ont abondamment documenté le mouvement d’émigration des Canadiens de langue française, avant 1930, vers les États-Unis. À compter des années 1860, le Bas-Saint-Laurent participe aussi à cet exode. Il existe toutefois un fort courant parallèle composé de centaines de jeunes hommes célibataires qui ne peuvent trouver de l’emploi au Bas-Saint-Laurent, et qui doivent chercher à l’extérieur de façon saisonnière ou temporaire, le moyen de gagner leur vie. Quand ces déplacements saisonniers atteignent leur apogée, dans les années 1950, les migrances temporaires des Bas-Laurentiens en quête d’emploi datent déjà d’un siècle.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1850 - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Le rapide déploiement de la radio de langue française dans les villes, puis dans les campagnes du Québec est un fait culturel majeur des années 1920 aux années 1950, une décennie marquée par l’autre grand média électronique, la télévision. Cette voix étrangère qui pénètre dans presque tous les foyers réussit à faire vibrer à l’unisson tout le Québec francophone. La pénétration plus tardive du nouveau média dans les régions rurales s’y avère toutefois soudaine et massive. En 1951, 88 % des foyers bas-laurentiens possèdent un récepteur. À l’orée du XXI[e] siècle, les auditeurs peuvent jouir d’un éventail de service radiotéléphoniques inimaginable un demi-siècle plus tôt.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1920 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Un précédent article a rappelé l’effervescence du théâtre amateur au Bas-Saint-Laurent durant la première moitié du XX[e] siècle. La multiplication des institutions d’enseignement secondaire au cours des années 1950 renforce le théâtre scolaire, mais la concurrence du cinéma de langue française et la télévision nuisent au « théâtre de société », bien vivant jusque-là dans les petites villes de la région. Désormais, c’est dans son salon que l’on peut apprécier les téléromans et les pièces de théâtre télédiffusées. Les années 1970 sont toutefois marquées par une renaissance du théâtre régional, un mouvement que renforce aujourd’hui la professionnalisation des artisans et la popularité du théâtre estival.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1950 - ]

Fortin, Jean-Charles
À la fin des années 1700, le système seigneurial est encore une institution bien vivante, mais son aire d’application demeure fermée à ses frontières d’avant la Conquête. Au Bas-Saint-Laurent, les soixante dernières années du régime, celles qui précèdent son abolition, représentent le moment le plus fécond de cette institution. Les nouveaux seigneurs, en majorité des Écossais de confession protestante, agissent comme des entrepreneurs efficaces. Ils encouragent la venue de nouveaux colons, accordent facilement des terres et aident leurs censitaires dans la difficile période de l’installation. Au milieu du XIX[e] siècle, le gouvernement du Canada Uni décide toutefois d’abolir un système dont le caractère féodal apparaît anachronique à l’heure du chemin de fer, du télégraphe et de la grande industrie.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1790 - 1850]

Fortin, Jean-Charles
Le XIX[e] siècle voit l’établissement d’un premier réseau public d’enseignement au Québec. Au Bas-Saint-Laurent, les progrès sont lents avant 1850. Dans la deuxième partie du siècle cependant, le système d’éducation public prouve sa relative efficacité en apprenant à lire et à écrire aux enfants des régions rurales et urbaines du Québec. Cette alphabétisation de la masse des Québécois est le fruit d’un long combat marqué de revers et de disparités. Ce système scolaire, dont la grande partie du financement repose sur les usagers, engendre un retard chronique de l’enseignement sur le front pionnier. Pour les familles de colons, l’éducation demeure un luxe et la persévérance à l’école est d’abord le fait des vieilles paroisses de la côte.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 1900]

Fortin, Jean-Charles
En 1945, le village de Rivière-Bleue, au Témiscouata est relié au réseau de distribution d’électricité. Cet épisode clôt la longue période d’électrification des villes et villages bas-laurentiens commencée en 1888 à Fraserville (Rivière-du-Loup). Mais à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, tout, ou presque, reste à faire dans les campagnes. L’électrification des rangs et des fermes du Bas-Saint-Laurent a sa propre histoire et c’est celle d’un succès. Le travail est rondement mené car dans l’espace de moins d’une décennie, de 1947 à 1955, la plupart des fermes sont branchées au réseau. Au début des années 1960, l’électrification de la région est complétée.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1945 - 1965]

Fortin, Jean-Charles
Au XX[e] siècle, l’idée de progrès est rattachée à celle de la diffusion généralisée de l’énergie électrique. Au Québec, le mouvement d’électrification se modèle sur celui des autres économies développées et l’usage de l’électricité se répand des grandes aux petites villes. L’éclairage permet d’allonger les heures d’ouverture des commerces, celles du travail à l’usine et, dans la région, d’instaurer des quarts de nuit dans les grandes scieries. Il existe cependant un fossé entre l’électrification urbaine et celles des campagnes. Comme il s’avère peu rentable d’offrir le service à la population dispersée des fermes, l’histoire de l’électrification au Bas-Saint-Laurent s’étend sur trois quarts de siècle, depuis l’éclairage de quelques résidences de Rivière-du-Loup, en 1888, jusqu’au branchement des rangs les plus éloignés, sur le plateau, au début des années 1960.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1888 - 1940]

Fortin, Jean-Charles
À compter de la fin du XIXe siècle, l’industrie laitière du Bas-Saint-Laurent s’intègre au marché international.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1880 - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Dans la première partie du XXe siècle, au Bas-Saint-Laurent, une large part des effectifs des travailleurs forestiers est composée de journaliers.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1900 - 1950]

Fortin, Jean-Charles
Avant 1950, la littérature régionale bas-laurentienne demeure peu abondante. La production se rattache surtout à trois genres : la monographie de paroisse, la poésie et le feuilleton littéraire publié dans la presse périodique régionale. Les ouvrages à caractère historique représentent donc une bonne part de la production littéraire bas-laurentienne avant la Révolution tranquille, et comptent parmi ces œuvres de la « bonne littérature » qui exaltent la foi de nos aïeux, les valeurs paysannes et la famille. Les dernières décennies du XX[e] siècle voient un renouvellement du genre quand se fait sentir le besoin d’écrire l’histoire locale et régionale de façon plus rigoureuse.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1850 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Durant tout le Régime français, le système seigneurial s’est avéré un échec comme institution de peuplement au Bas-Saint-Laurent. Les dernières décennies du XVIII[e] siècle ont vu peu de progrès à ce chapitre car l’on compte à peine deux milliers de résidants à la fin du siècle. À compter des années 1800, la conjoncture se transforme et la région commence son réel développement. Cette augmentation de la population est alimentée, à la fois, par une impressionnante croissance naturelle et par un courant migratoire d’intensité variable d’une décennie à l’autre, en provenance des régions plus à l’ouest. De 1800 à 1870, les terrasses, formées de bonnes terres arables, de Notre-Dame-du-Portage, à l’ouest de Rivière-du-Loup, jusqu’à Sainte-Félicité, à l’est de Matane, sont entièrement occupées et la population régionale atteint 50 000 personnes, soit 25 fois celle du début du siècle.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 1870]

Fortin, Jean-Charles
L’occupation de la vallée de la Matapédia affiche le caractère d’une véritable invasion, des années 1890 à 1920. À la fin du XIX[e] siècle, la Matapédia constitue sans doute la région du Québec qui présente le meilleur potentiel agricole et forestier encore inexploité. Les industriels du sciage mettent la forêt en coupe réglée et les colons éventuels affluent en masse dans le nouvel eldorado depuis les vieilles paroisses du long de l’estuaire. En moins de deux générations, la majeure partie de la forêt vierge est ravagée et les meilleurs sols sont mis en culture. Dans les années 1950 arrive l’heure du ressac et des milliers de Matapédiens doivent quitter leur chère vallée colonisée par leurs grands-parents, à peine quelques décennies plus tôt.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
La vallée du Témiscouata est la région de l’intérieur du Bas-Saint-Laurent qui suscite le plus tôt l’intérêt des colonisateurs européens. Son portage, qui permet de relier la baie de Fundy à la vallée du Saint-Laurent, utilisé par les Amérindiens, était déjà connu par les Européens au XVII[e] siècle. Malgré son importance en temps de conflit, ni les Français ni les Britanniques ne jugeront bon d’y installer une population permanente avant la guerre de 1812. Le peuplement s’y effectue avec une extrême lenteur jusqu’au tournant du XX[e] siècle, quand les compagnies forestières découvrent son potentiel. Après un épisode de forte expansion, la population du Témiscouata amorce, en 1960, une période de décroissance qui ne semble pas devoir trouver son terme.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Pendant un siècle, de 1830 à 1930, on estime à environ un million le nombre de Québécois de langue française qui partent travailler aux États-Unis. Les émigrants sont surtout attirés par l’emploi dans les manufactures du nord-est américain. Ils y fondent des dizaines de « Petits Canadas » dotés d’institutions souvent encadrées par des membres du clergé catholique québécois forcés de suivre leurs ouailles en exil. C’est la Montérégie qui est d’abord frappée par le mouvement d’exode qui gagne bientôt toutes les vieilles paroisses de la vallée du Saint-Laurent. À compter de 1870, le phénomène rattrape le Bas-Saint-Laurent et dans les années 1880, elle devient une des régions les plus touchées par la « grande saignée ».
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1830 - 1930]

Fortin, Jean-Charles
L’agriculture des pays développés connaît une véritable révolution à compter des années 1950, alors qu’un nombre de plus en plus restreint de producteurs suffit à alimenter les marchés nationaux et internationaux.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1930 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Parmi tous les médias de masse qui s’implantent au Québec entre 1880 et 1960, la télévision occupe une place à part. Dix années après son introduction au Bas-Saint-Laurent, l’influence du nouveau média dépasse celle des autres médias de masse réunis, soit le journal à grand tirage, le cinéma et la radio. L’absence de journal quotidien laisse au bulletin d’informations télévisé régional un espace médiatique qu’il n’a pas dans les grandes villes dotées d’un imprimé à grand tirage, et une large part de la vie culturelle bas-laurentienne dépend de la « boîte à images » pour sa large diffusion. Aujourd’hui, un demi-siècle après ses débuts, la télévision fait partie de la vie quotidienne des Bas-Laurentiens.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1950 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Le régionyme Bas-Saint-Laurent a mis longtemps à s’imposer dans la mosaïque des régions du Québec.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
L’existence de régions au Québec tire son origine de la nécessité qu’ont eu les autorités civiles et religieuses de diviser l’espace en territoires plus faciles à administrer et à identifier.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1800 - 2000]

Fortin, Jean-Charles
Si la qualité des sols du Bas-Saint-Laurent n’en fait pas une des meilleures régions agricoles du Québec, il n’en va pas de même pour son couvert végétal.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 2003]

Fortin, Jean-Charles
Pendant tout le Régime français de 1608 à 1760, le Bas-Saint-Laurent n’attire que de rares colons. Les habitants de la Nouvelle-France ne croient pas que les terres en bas de la seigneurie de Kamouraska soient propices à l’agriculture, et le seul intérêt de ce désert boisé tient aux quelques havres naturels, de bien faible valeur, offerts aux marins menacés par la tempête. À la fin du XVIII[e] siècle, les autorités coloniales étendent le système seigneurial jusqu’au bas estuaire du Saint-Laurent, mais la tentative est vouée à l’échec. Des seigneurs absents héritent de fiefs dont ils ignorent les frontières ou même l’emplacement approximatif et se soucient tellement peu de les mettre en valeur qu’ils sombrent parfois dans l’oubli. En 120 ans, de 1680 à 1800, le peuplement est tellement lent qu’à l’orée du XIX[e] siècle le Bas-Saint-Laurent abrite moins de 350 familles, l’effectif d’une grande paroisse de la région de Québec.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [1608 - 1760]

Fortin, Jean-Charles
Quand une première paroisse est érigée au Bas-Saint-Laurent, en 1825, la région a déjà reçu ses premiers défricheurs depuis un siècle et demi. Pendant tout ce temps, ce sont des missionnaires venus de Québec et de la Côte-du-Sud qui doivent desservir les postes isolés sur le rivage, surtout à la belle saison. Même si la population régionale connaît une certaine croissance après 1800, la pénurie d’effectifs que connaît le diocèse de Québec, depuis la Conquête, ne permet guère à ses évêques de créer de nouvelles paroisses en bas de Kamouraska. La région va demeurer une terre de mission jusqu’aux années 1830, alors que l’Église du Québec recommence à étoffer ses cadres.
Bas-Saint-Laurent > Bas-Saint-Laurent (général) [ - 1830]

Fortin, Jean-Charles
Le visiteur venu de l’ouest par la route 132 et qui s’engage sur la rue Saint-Germain, à Rimouski, ne peut que constater une certaine unité architecturale, depuis le pont de la rivière Rimouski jusqu’à la cathédrale. La large artère bordée d’édifices commerciaux présente l’image de cette architecture fonctionnelle nord-américaine commune aux petites villes des années 1950. Toutefois l’existence d’un tel paysage urbain hérité de l’après-guerre au cœur d’une vieille paroisse bordant l’estuaire du Saint-Laurent en étonne plusieurs. Il faut remonter au printemps 1950 pour retracer l’origine de cette particularité.
Bas-Saint-Laurent > Rimouski [1950 - 1959]

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